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Un Nord
2501 identique à celui sur lequel j'embarque le 15 août 1957
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C'est sur
le Ju.52 Toucan, type AAC1, que sont formés les élèves
radio à Fès
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Les mois passent, toujours rien. Finalement, je reçois en juin 1957
un courrier sibyllin qui m'informe que ma candidature a été
retenue en tant qu'élève radio. Tous mes rêves s'écroulent
d'un seul coup : je suis désespéré !!!
Après beaucoup d'hésitations, je décide d'accepter
cette proposition. Je dois faire mon service militaire et après
tout, autant le faire en tant qu'élève radio que n'importe
où. Au terme de la durée légale, si je ne suis pas
satisfait, je réintègrerais la vie civile. J'ai intérêt
à faire attention tout de même : si je suis breveté,
je dois souscrire un engagement de cinq ans en compensation de la formation
qui m'aura été dispensée.
J'embarque le 15 août
1957 avec un copain, Michel Perrin, dans une espèce de bétaillère
à deux queues qu'on nous dit s'appeler "Noratlas.". En guise de
sièges, des banquettes para, le bruit est assourdissant, le confort
moins que nul : c'est vraiment mal barré, pour un baptême
de l'air, je suis servi !
Escale à Istres,
puis à Oujda à la frontière algéro-marocaine.
Plus nous descendons vers le sud, plus il fait chaud et moins il y a de
verdure. A part la caillasse, il ne pousse pas grand chose par ici, me
dis-je.
Finalement, nous nous
posons à Meknès : à l'époque, l'école
de pilotage ab initio est à Marrakech, les élèves
chasseurs sont formés à Meknès et les radios, dont
je fais partie, à Fès. Liaison Meknès-Fès en
bus Chausson de l'armée de l'air et nous débarquons sur la
BET 724 par une chaleur torride d'au moins 40°. Repas à l'ordinaire
troupe, le quart de rouge mousseux de bromure qui nous est servi finira
de nous achever.....Rentrés à la chambre, nous nous écroulons
sur le lit, lessivés par les heures de vol, la chaleur.
Je sens confusément
qu'une nouvelle page de mon existence vient d'être tournée
et qu'une autre vie commence. |